Contre les mauvaises ondes

 

Une scientifique thionvilloise donne des conseils pour réduire cette source de maux

THIONVILLE
JEAN-PIERRE COUR

Les ondes électromagnétiques artificielles nous entourent au quotidien. Elles sont générées par les réseaux d’électricité, le
wifi, nos téléphones portables, la radio FM, le Bluetooth etc… Il s’agit là d’ondes dites de haute fréquence.
Quant aux ondes basse fréquence, elles proviennent par exemple des lignes à haute tension ou, dans les maisons, du réseau électrique domestique et de nos appareils ménagers et autres. Elles sont invisibles et indolores, mais heureusement identifiables et mesurables techniquement. Aujourd’hui, on sait scientifiquement qu’elles impactent notre santé. L’Organisation Mondiale de la Santé considère d’ailleurs aujourd’hui l’électricité domestique comme cancérigène. Le nombre de personnes électro-sensibles augmente, ou plus précisément, sont aujourd’hui enfin reconnues et comptabilisées par la médecine. Le phénomène pourrait même devenir bientôt le prochain scandale sanitaire touchant largement notre société.

Sandra Bouxirot réalise le diagnostic d’un lieu au niveau des ondes électromagnétiques et donne des conseils pour les réduire. Photo: Jean-Pierre Cour

Un diagnostic complexe

Face à cela, Sandra Bouxirot propose avec son entreprise «EcoOndes», de réaliser un diagnostic d’un lieu, d’une maison ou d’une entreprise et, par la suite le cas échéant, de conseils afin de réduire ces nuisances électromagnétiques. Avec une formation originelle en biologie, cette scientifique explique que nombre de maux sont causés par cet environnement pollué par les ondes.
Générant dès lors des troubles du sommeil, de la concentration, des acouphènes, voire des dépressions. Du fait de la difficulté de diagnostiquer les origines de ces malaises, la communauté médicale y ré- pondait souvent avec des antidépresseurs, des somnifères, des suivis psychiatriques et/ou des traitements médicamenteux… « alors qu’il aurait suffi de couper le courant électrique pour que de nombreux symptômes disparaissent d’eux-mêmes ! Ainsi, entre votre lampe de chevet et votre tête, il faut au minimum un mètre» de distance, explique Sandra Bouxirot. En effet, assure-t-elle, les symptômes sont complexes, car les personnes électro-sensibles voient apparaître insidieusement les effets sur elles et ces derniers ne disparaissent que progressivement lorsque l’on n’est plus exposé. D’où la difficulté de cerner cette pollution et cette sensibilité.

En 1999, 2008 et à nouveau en 2011, le Parlement européen a voté plusieurs recommandation comme l’interdiction du Wifi dans les écoles, la limitation à 0,6 volts/mètres du seuil d’exposition des antennes relais etc. Aujourd’hui, non seulement les élèves possèdent souvent un téléphone portable, mais on les équipe en plus de tablettes tactiles et les écoles installent des réseaux Wifi. «Mon travail aujourd’hui consiste à alerter les écoles, les entreprises et les administrations aux risques liés à cette pollution électromagnétique. L’on dépense des sommes énormes en traitements pour soigner sans se rendre compte des causes et des remèdes possibles. C’est comme éponger le sol d’un évier qui déborde sans fermer l’eau du robinet!», dit Sandra Bouxirot. Ces ondes invisibles nous entourent et comme toutes les ondes se comportent comme telles. Ainsi elles passent au travers de certains obstacles et pas d’autres, se réfléchissent comme le soleil sur un mur etc. Le simple fait de retourner la fi- che électrique d’un appareil dans une prise de courant peut faire passer l’émission d’ondes du simple au double. «Ma démar- che est purement scientifique, vérifiable et techniquement fiable», explique Bouxirot. «C’est un nouveau métier, l’un de ceux desquels l’on dit qu’il en existera tant de nouveaux dans le futur».

 

Attention au Wifi

S’ajoute à cela, et sans que la science ne sache les véritables raisons, que les femmes sont particulièrement réceptives aux on- des électromagnétiques artificielles.
«L’électromagnétisme naturel ne nous fait rien et nous est, au contraire, nécessaire», ajoute-t-elle. Elle alerte aussi sur le risque du Wifi public qui est particulièrement puissant et souhaite sensibiliser les professeurs de physique dans les écoles. Elle préconise que chez soi, le particulier débranche de façons systématique les appareils électriques qui émettent en continue et cela surtout la nuit. Chez les particuliers,  comme  dans les écoles et les entreprises, mais aussi là où les «open-spaces» cumulent une abondante diffusion électromagnétique, elle inter- vient avec des ap- pareils  de  détection pour faire une carte géographique des pollutions électromagnétiques du lieu dans un dossier. Elle propose alors des solutions de travaux ou d’améliorations que l’usager réalisera… ou pas. Le diagnostic ainsi que le rapport coûtera 350 euros les 100 m2 et il faudra, là aussi, trois heures en moyenne pour réaliser l‘analyse sur cette surface. En plein développement, Sandra Bouxirot cherche aussi des développeurs dans ce secteur d’activité où la prise de conscience du phénomène ouvre des portes nouvelles aux entrepreneurs.

«C’est un nouveau métier, l’un de ceux desquels l’on dit qu’il en existera tant de nouveaux dans le futur»

SANDRA BOUXIROT, fondatrice de «EcoOndes»